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vendredi 20 mai 2016

Conversations avec mon chat

Sara a presque quarante ans et des tas de problèmes… jusqu’au jour où elle rencontre un chat qui parle. Chaque matin, Sara se réveille avec la nausée. Enceinte ? Impossible, cela fait bien trop longtemps que son compagnon ne l’a pas approchée. Surmenée ? Plus probable. D’ailleurs, le matin même où elle doit présenter un dossier important au travail, elle se met à avoir des hallucinations : Sybille, un drôle de chat abyssin, vient frapper à sa fenêtre et lui parle. Et pas pour dire n’importe quoi ! L’animal lui pose des questions étonnamment sensées : est-elle vraiment heureuse ? Qu’attend-elle de la vie ? La psychatnalyse commence !
Conversaciones con mi gata
Eduardo Jáuregui 2016

Merci à Babelio et aux Éditions Presses de la Cité.

Cette lecture est une véritable bouffée d’oxygène. Et pourtant, je ne dis que rarement cela quand il s’agit de romans de ce type, dont la vocation est a priori de nous permettre de prendre conscience de nous-même, de notre corps, de notre moral et de notre santé. Souvent, je lis ce genre de texte et je prends conscience de certaines choses, mais cela ne me fait rien changer dans mon mode de vie, et une fois le roman terminé, c’est oublié.

Là, je peux vous dire que ce roman a eu un impact sur ma vie. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il m’a appris à relativiser à mon travail : je suis sous l’eau et je dois faire en une journée le travail de deux jours ? Tant pis, je prends quand même une pause dehors sous le soleil pour penser à autre chose et revenir plus efficace. Avant, je mangeais devant mon ordi et avançais dans mon travail en me mettant toute seule la pression.

De même, je me suis remise à marcher, et à profiter de ce moment de calme même si, parfois, j’en profite pour lire encore plus. Et le soir, je profite d’être chez moi et j’oublie le travail. Comme c’est agréable de se dire que chaque jour, on a ces moments-là où l’on peut se poser. Il y a quelque temps, je vous aurais dit que c’était la course sans cesse, comme si j’avais oublié de penser à moi.

Ça ne fait jamais de mal de se faire plaisir : c’est un peu la morale que je retiens de ce texte, et c’est ce que j’essaie d’appliquer dès que possible. Tout ne tourne pas autour des obligations. Le plaisir, le sport, la lecture, les loisirs sont des moments importants dont il faut vraiment profiter car cela permet de se sentir mieux tout au long de la journée. Même mon sommeil s’en ressent, grâce à la marche !

Du coup, j’ai un peu digressé et je ne vous ai pas beaucoup parlé du roman. Plutôt de sa portée. Et je pense que c’est important, car finalement c’est le message. Sybille, la chatte qui parle, et Sara ne sont que des acteurs qui doivent nous guider vers le cœur même du roman : ce message. Mais sachez quand même qu’humour et péripéties sont au rendez-vous et que l’histoire présentée est intéressante, intelligente, et nous fait passer un très bon moment !

jeudi 18 février 2016

L’assassin qui rêvait d’une place au Paradis

L’Évangile selon Dédé. Après trente ans de prison, Johan Andersson, alias Dédé le Meurtrier, est enfin libre. Mais ses vieux démons le rattrapent vite : il s’associe à Per Persson, réceptionniste sans le sou, et à Johanna Kjellander, pasteur défroqué, pour monter une agence de châtiments corporels. Des criminels ont besoin d’un homme de main ? Dédé accourt ! Per et Johanna, eux, amassent les billets. Alors, le jour où Dédé découvre la Bible et renonce à la violence, ses deux acolytes décident de prendre les choses en main et de le détourner du droit chemin…
Mördar-Anders och hans vänner (samt en och annan ovän)
Jonas Jonasson 2016

Merci aux Éditions Presses de la Cité.

Cela faisait un moment que j’entendais parler de Jonas Jonasson et de ses romans complètement loufoques et décalés. Du coup, lorsque la possibilité de découvrir cet auteur m’a été offerte, je l’ai saisie sans hésiter. Je ne regrette pas du tout, car je me suis amusée comme une petite folle lors de cette lecture.

Alors, il faut quand même avouer que c’est un univers particulièrement déjanté et que, tout de suite, j’ai compris qu’il fallait envisager les choses aux douzième, voire… soixante-dix-huitième degré ! Sincèrement, qui pourrait penser qu’un Dédé le Meurtrier soit aussi bête pour se faire arnaquer dans une entreprise de cassage de bras, puis comme prédicateur d’une église, pour finir ensuite comme père Noël donateur ? Vous, oui ? Pourquoi pas !

Ce livre regroupe tout ce que l’on peut souhaiter avoir : de la folie, de l’humour et une bonne dose de je-m’en-foutisme qui permet de sourire, s’évader et se sentir bien. Si vous lisez ce livre, vous n’y croyez pas, mais vous êtes heureux de voir la bêtise de ces personnages auxquels vous finissez fatalement par vous attacher. Je l’aime bien, le petit Dédé, qui veut arrêter de faire du mal aux gens et donner tous ses sous à la Croix Rouge. Si ce n’est pas un message de paix, ça, c’est quoi ?

Le style est déluré, l’histoire tellement grosse qu’on pourrait crier au scandale et à la supercherie, mais c’est un excellent moment que j’ai passé en compagnie de Dédé, Per et Johanna. Même si, cette dernière, je l’ai trouvée bien pire que Dédé. Niveau moralité, zéro pointé. Mais bon, on lui pardonne car c’est un peu grâce à elle que toute cette folie a pu être lancée ! Bref, un bon moment. Foncez !

samedi 6 juin 2015

Le cercle de Dinas Bran

Depuis qu’elle a survécu au tsunami meurtrier du 26 décembre 2004, Anna Jensen, jeune et talentueuse illustratrice à Paris, est hantée la nuit par de sombres cauchemars. Sa rencontre avec Will Aberdeen, journaliste new-yorkais dépêché en France pour couvrir un congrès sur les expériences de mort imminente, est le point de départ d’une quête haletante. Pour découvrir la source des hantises de la jeune femme, Anna et Will se lancent sur les traces d’un passé lointain et mettent à jour un secret ancestral. Traqués par de mystérieux tueurs professionnels, leur soif de vérité va rapidement se transformer en course contre la mort.
Le cercle de Dinas Bran
Sophia Raymond 2013

Avant tout, je souhaite remercier Babelio et les Éditions Presses de la Cité pour ce partenariat.

Quand j’ai été contactée, le titre ne me disait pas grand-chose, et la couverture ne m’avait pas tant interpellée que ça. C’est à la lecture du résumé que je me suis dit que c’était une lecture pour moi. J’aime beaucoup glisser un peu d’ésotérique dans mon planning de lecture, car ce sont des textes qui passent tout seul. Je suis une grande mordue de ce genre et des mystères historiques.

Alors, là, pour le coup, l’histoire était vraiment originale. Deux personnages que tout oppose a priori se retrouvent entraînés dans une intrigue folle mêlant des affaires d’EMI – Expérience de Mort Imminente –, des retours dans le temps, des meurtres, une cavale qui se transforme en quête, et des touches de paranormal avec les croyances sur les vies antérieures. Un cocktail détonnant qui m’a tenue en haleine tout au long de ma lecture.

Je n’ai pas trouvé une seule fausse note dans le cadre de l’histoire, et je salue l’inventivité de Sophia Raymond qui a su mêler réel et paranormal de manière si fine qu’on s’imagine vraiment que ces choses soient possibles. Et après tout, pourquoi pas ? J’ai beaucoup aimé les idées évoquées, et la tournure qu’ont pris les événements au fur et à mesure des péripéties. Tout s’enchaînait bien, logiquement.

Le suspense est au rendez-vous, même si, la plupart du temps, on entrevoit avec un temps d’avance la suite des événements. Bon, ce n’est pas trop grave, car l’inventivité y est, et les personnages sont très sympathiques. Will et Anna, ainsi que Thomas et Estrela, sont particulièrement intrigants, et je me posais beaucoup de questions à leur propos. C’est finalement plutôt sur eux que le mystère était fait. C’est un choix, et finalement c’était bien pensé.

Par contre, j’ai trouvé que les personnages secondaires l’étaient peut-être un peu trop. Car finalement, ils sont là, ont une belle personnalité, mais une fois que le passage les concernant est terminé, on ne parle plus trop d’eux. En soi, ce n’est pas dérangeant mais, comme je les avais appréciés, j’espérais les revoir un peu plus.

Enfin, le style est captivant. Sa plume est agréable, et l’autrice nous mène très exactement là où elle le souhaite. Cette histoire est à découvrir… alors, vous n’avez plus qu’à larguer les amarres !

mercredi 8 octobre 2014

Juste une mauvaise action

Le retour de Lynley et Barbara Havers, à la recherche d’une enfant disparue en Toscane.
Barbara est catastrophée : Hadiyyah, la fille de son ami Taymullah Azhar a été enlevée par sa mère. Azhar ne s’étant jamais marié avec Angelina et son nom ne figurant pas sur le certificat de naissance de leur fille, il n’a aucun droit juridique. Il n’a pas d’autre possibilité que de faire appel à un détective privé.
Mais alors qu’ils retrouvent la trace d’Haddiyyah en Toscane, la petite se fait enlever. Cette dernière étant britannique, Scotland Yard et la police italienne vont devoir collaborer, non sans heurts. Et lorsque la presse s’en mêle, l’incident diplomatique n’est guère loin. C’est là que Lynley intervient…
Just one evil act
Elizabeth George 2013

Merci à Babelio et aux Éditions Presses de la Cité.

Cela faisait très longtemps que j’entendais parler des enquêtes mises en scène par la célèbre Elizabeth George. J’avais entendu qu’elle était une autrice de talent et que tous ses romans se vendaient extrêmement bien. Je dois reconnaître que son texte a certaines qualités. Mais je n’ai pas du tout adhéré au phénomène.

Du point de vue du contenu, j’admets que l’intrigue est extrêmement bien ficelée et travaillée. L’histoire est mystérieuse dès le départ, et de nombreuses zones d’ombre apparaissent très vite. L’autrice nous balade et nous emmène où elle le souhaite, grâce à des personnages aux personnalités très fortes et qui ont chacun leur propre but, pour ne pas dire intérêt, dans le drame qui se joue. Je peux également noter que les personnages et leurs actions sont présentés de manière entrelacée, de sorte que l’autrice réussit à manipuler le suspense avec brio.

Néanmoins, pour moi, ce n’est pas suffisant. D’abord, car lorsque je lis un livre de sept cents pages, je refuse qu’il y ait des longueurs. Or, le texte est ici truffé de descriptions qui ralentissent énormément le récit. Je ne vois pas l’intérêt de dire en trois pages ce qui peut être dit en deux lignes, quand une intrigue si bonne est mise en place. Certains diront que c’est ce qui fait le charme du récit… Certes, mais j’aime que, dans des romans policier, cela bouge un peu. Je ne veux pas être endormie, statique. Or, là, je n’en voyais pas le bout. Je me suis retrouvée plusieurs fois à piquer du nez sur le récit et, entre deux descriptions, je perdais complètement le fil.

Ensuite, même s’il s’agit d’un roman policier, j’aime que tout ne soit pas centré autour de l’enquête principale, que les personnages aient leur propre intrigue en filigrane. De ce côté, il y avait effectivement des petits éléments dont on pouvait imaginer que cela n’avait aucun rapport avec l’enquête… Mais finalement, non, trop peu. Et pourtant, il semblerait que l’inspecteur Lynley ait déjà été mis en scène dans d’autres romans. Mais il semblerait qu’il n’ait aucune vie sociale en dehors de son travail. Bref, ça me semblait un peu trop gros.

Ma critique est clairement peu élogieuse. Je m’en excuse auprès des fans de l’autrice et auprès de l’éditeur, mais je n’ai pas du tout accroché. Pour moi, les qualités de l’écriture ne m’ont pas du tout permis de m’immerger dans l’histoire, d’où certainement mon incompréhension sur certains points, et mon manque d’attention sur d’autres. Je pense même être passée à côté de certaines choses… On ne peut pas tout aimer, hélas. Mais en tout cas, je ne pense pas retenter l’expérience avec cette autrice.

« La ronde des mensonges
Une avalanche de conséquences »